Recrutement d’un consultant national chargé de l’évaluation du projet d’appui à l’insertion professionnelle des jeunes artisans (PAIPJA)



L’objectif global de l’évaluation finale est de mesurer le plus exhaustivement possible le niveau de résultats obtenus et des objectifs tant spécifiques que globaux atteints par rapport à ceux prévus au départ par le projet.
Termes de référence pour le recrutement d’un consultant national chargé de l’évaluation du projet d’appui à l’insertion professionnelle des jeunes artisans (PAIPJA)
  1. Contexte et justification
Le Togo a connu depuis le début des années 90 une crise politique qui a fortement freiné son développement et entraine une dégradation drastique des conditions de vie des populations. Cette situation de précarité croissante qui se traduit par un taux de chômage et de sous-emploi estimé à plus de 30% suivant les données de l’enquête QUIBB réalisée en 2006, explique pourquoi les jeunes éprouvent d’énormes difficultés pour accéder à un emploi.
Dans ce contexte, Convaincus que la formation professionnelle pouvait constituer un créneau pour accéder à l’emploi et échapper au chômage, les jeunes s’orientent de plus en plus vers les centres de formations professionnelles et techniques mis en place par le gouvernement et par des acteurs privés.
Malheureusement, malgré le potentiel d’emploi que regorge encore le secteur de l’artisanat, nombreux sont ces jeunes issus de ces centres de formation nantis d’une qualification professionnelle dans divers métiers qui éprouvent d’énormes difficultés pour s’installer sur le marché en tant qu’artisans.
Parmi les raisons qui expliquent de cette situation, l’absence d’équipements ou de matériels adéquats de travail, le manque d’esprit entrepreneurial ou encore le manque de fonds de démarrage semblent les plus fondamentales.
En se fondant sur le constat que le secteur de l’artisanat est porteur d’emploi et regorge de réelles potentialités d’emploi pour les jeunes, le ministère du développement à la base, de l’artisanat de la jeunesse et de l’emploi des jeunes a initié depuis 2011 le Projet d’Appui à l’Insertion Professionnelle des Jeunes Artisans (PAIPJA),destiné à appuyer annuellement 1000 jeunes artisans diplômés des centres de formation professionnelle ou en fin d’apprentissage en vue de faciliter leur installation et leur insertion sur le marché du travail.
A l’issue des 5 ans (2011-2015) de mise en œuvre de ce projet  une évaluation s’impose.
Cette évaluation répond au souci de du ministère du développement à la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes d’assurer une information objective sur l’atteinte des objectifs visés, d’analyser les effets et impacts du projet sur les bénéficiaires, en vue de tirer des leçons pertinentes pour une éventuelle consolidation. Elle a pour principal objectif de formuler une opinion indépendante et motivée sur les appuis apportés aux bénéficiaires par le ministère en termes de changements produits du fait de l’intervention du projet et avoir un avis argumenté sur les possibles orientations/recommandations en vue de renforcer l’impact du projet.
  1. Bref descriptif du projet à évaluer
Le projet d’appui à l’insertion professionnelle des jeunes artisans (PAIPJA) initié en 2011 est destiné à contribuer à la promotion de l’auto emploi pour réduire le taux d’inactivité et de chômage des jeunes diplômés de la  formation professionnelle.
Il couvre quatre (4) composantes essentielles à savoir :
  • Formation en création et gestion de la microentreprise,
  • Appui matériel et équipement de travail,
  • facilitation d’accès au financement,
  • Suivi / accompagnement des bénéficiaires,
Il cible principalement les jeunes femmes et garçons âgés de 18 à 35 ans et disposant d’un diplôme ou d’une attestation de fin de formation dans un métier de l’artisanat.
  1. Contenu de la mission du consultant
L’objectif global de l’évaluation finale est de mesurer le plus exhaustivement possible le niveau de résultats obtenus et des objectifs tant spécifiques que globaux atteints par rapport à ceux prévus au départ par le projet.
De façon plus précise, l’évaluation devra :
  • passer en revue les activités mises en œuvre, les résultats obtenus ainsi que les progrès réalisés ;
  • identifier tous les problèmes liés à la planification, à la mise en œuvre, au monitoring et aux différents outils de gestion opérationnelle mis en œuvre ;
  • analyser les forces et faiblesses des stratégies d’intervention mises en œuvre ;
  • mesurer les changements comportementaux et estimer l’impact des actions de formation en technique de création et gestion de microprojet menées au cours du projet.
L’attente essentielle du ministère à travers cette évaluation est d’assurer une information objective sur l’atteinte des objectifs visés, d’analyser les effets et impacts du projet sur les bénéficiaires, en vue de tirer des leçons pertinentes pour une éventuelle consolidation
Le travail d’évaluation comprendra les volets ci-dessous.
  • Etablissement d’un bilan global du projet évalué
Le consultant devra établir un bilan global et objectif des actions du projet depuis son démarrage. Cette étape doit lui permettre de disposer d’une connaissance précise et détaillée du projet, de son évolution et de son contexte. A cet effet, il devra notamment :
  • Rassembler et consulter toutes les informations et tous les documents relatifs au projet évalué disponibles auprès de la direction de la jeunesse et de l’emploi des jeunes.
  • Conduire des entretiens avec les personnes impliquées ou ayant été impliquées dans la conception et la mise en œuvre  du projet.
  • Conduite d’une analyse évaluative
A partir des constats et des informations disponibles, le consultant devra évaluer la performance du projet à partir des cinq critères suivants : pertinence, efficacité, efficience, impact, viabilité. Pour chacun de ces critères, des pistes d’évaluation sont préconisées ci-dessous. Il reviendra au consultant de les préciser et de les compléter en ayant à l’esprit qu’il s’agit d’une évaluation finale portée principalement sur les cinq critères susmentionnés.
 
 
  • Pertinence
La pertinence examine le bien-fondé de l’action conduite au regard des objectifs et des enjeux déterminés au départ en rapport avec les besoins et problématiques identifiés.
A ce titre, le consultant examinera la correspondance du projet avec :
  • les besoins et attentes réelles des bénéficiaires ;
  • les orientations nationales dans le domaine de la lutte contre le chômage des jeunes,
  • le plan stratégique national pour l’emploi des jeunes ;
  • les stratégies et interventions des autres parties prenantes.
Cette analyse sera complétée par une appréciation de :
  • la cohérence interne du projet (concordance des divers moyens et instruments mobilisés pour concourir à la réalisation des objectifs),
  • la cohérence externe du projet (concordance avec les actions entreprises par les autres acteurs : institutions de microfinance, Chambres de métiers, prestataires,…).
  • Efficience
L’évaluation conduite par le consultant doit permettre d’apprécier si les ressources nécessaires ont bien été mises en place, en temps voulu et au moindre coût. La qualité des appuis fournis aux bénéficiaires sera particulièrement évaluée
  • Efficacité
L’efficacité apprécie le degré de réalisation des objectifs du projet (techniques, financiers, institutionnels, ainsi que ses éventuels effets non attendus (effets positifs ou négatifs). Elle comprendra une comparaison des résultats attendus et des résultats effectifs du projet et une analyse des écarts constatés.
  • Impact
L’impact juge les retombées de l’action. Le consultant analysera ici principalement les effets immédiats sur les acteurs concernés, et notamment les bénéficiaires directs du projet, qui peuvent être raisonnablement attribués en partie ou en totalité à l’action évaluée. Il appréciera, le cas échéant, les perspectives d’effets de plus long terme.
L’analyse devra se reporter autant que possible à des indicateurs de résultats quantifiables. Le consultant traitera pour cela l’information pertinente issue des données existantes et croisera ses données à travers une collecte de donnée in situ. Cette analyse sera toutefois complétée, le cas échéant, par une appréciation qualitative des impacts.
  • Viabilité/durabilité
Le Consultant devra examiner si les activités menées vont elles dans le sens de la pérennisation des acquis de l’intervention ? Et dans quelle mesure les changements positifs au niveau du groupe cible peuvent ils perdurer après la fin du programme ? 
Aussi, il serait bien de voir dans quelle mesure les résultats ou conclusions de cette évaluation pourraient servir pour ce qui se fait au niveau des JDS et AJSEF.
  1. Profil du consultant
Les compétences requises pour réaliser cette évaluation sont celles d’un consultant individuel couvrant les domaines suivants :
  • Connaissance et expérience professionnelle en matière d'évaluation,
  • Expérience en matière de gestion des projets de développement ;
  • Connaissances et expertises techniques dans les domaines de l’emploi des jeunes, l’entrepreneuriat et la promotion de la formation professionnelle;
  • Connaissances du contexte et des acteurs du secteur de l’artisanat ;
  • Compétence informatique (Word, Excel, Sphinx, Internet).
Le consultant chargé d’assurer la mission doit disposer d’un diplôme de niveau supérieur (au moins Bac+5), en gestion des projets,  en économie, sociologie, ou disciplines connexes.
 
 
Durée de l’évaluation
La prestation totale pour la réalisation de cette évaluation est estimée à 20 jours ouvrables. La prestation débutera après signature du contrat entre le consultant et le ministère du développement à la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes. La date de démarrage est prévue dès la signature de contrat. Elle inclut notamment une réunion de lancement au cabinet du ministère, une mission de terrain, et une réunion de restitution des conclusions du consultant au cabinet du ministère et à un atelier à Lomé.
Dossier de candidature
Pour soumissionner, les candidats intéressés par la présente mission sont invités à fournir un dossier contenant:
  • Une offre technique comprenant (i) une note de compréhension des termes de référence et de présentation de la méthodologie utilisée, (ii) les références et expériences du consultant, (iii) le CV détaillé et les documents de référence attestant des compétences et expériences dans le cadre d’autres évaluations similaires ; (iv) le calendrier prévisionnel d’intervention ;
Les dossiers devront être envoyés sous plis fermés à la Personne Responsables des Marchés Publics du ministère du développement à la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes à la cité OUA, villa N°37.
La date limite de dépôt des candidatures est fixée au ………… 2017 à 17heures précises TU.